Des centaines de MCP et de skills Claude, mais peu sont vraiment gratuits et open source — je les ai passés en revue un par un et j'en ai fait un annuaire
La semaine dernière, je voulais ajouter quelques MCP à Claude. J’ai fait le tour, et plus je cherchais, plus je m’agaçais.
Ce n’est pas qu’il n’y ait pas le choix — c’est qu’il y en a trop, et qu’on ne distingue plus le vrai du faux. Rien qu’en serveurs MCP, il y en a aujourd’hui des centaines, et le framework de skills de Claude en fait sortir des vagues entières. Mais dès que vous voulez vraiment choisir ceux du genre « gratuit, on installe et ça marche », vous découvrez un piège après l’autre.
« Gratuit » : côté MCP, ce mot a au moins trois versions truquées
Premier faux : « gratuit » à condition de sortir une clé d’API. Exa, Tavily, Brave Search, Firecrawl, Notion, Supabase… le client est bien open source, bien gratuit, mais il faut d’abord vous inscrire, récupérer une clé, et alors seulement il démarre. Pour beaucoup de gens, « il faut encore s’inscrire » suffit déjà à ne plus être sans contrainte.
Deuxième faux : l’étiquette « open source », alors qu’en réalité c’est « code visible, mais usage commercial interdit ». C’est le plus traître, parce que sans ouvrir la LICENSE vous n’y voyez rien. Le MCP officiel de Sentry est sous FSL (Functional Source License) — le code vous est montré, mais tout « usage concurrentiel » est interdit, et il ne bascule sous Apache que deux ans plus tard. Plus surprenant encore : Anthropic elle-même, avec ses quelques skills documentaires officiels (pour traiter PDF, Word, PPT, Excel), écrit noir sur blanc dans la LICENSE « © 2025 Anthropic, tous droits réservés », et le README du dépôt reconnaît lui-même « source-available, not open source ». Vous pouvez le lire, l’utiliser dans Claude, mais ce n’est pas de l’open source : vous ne pouvez ni le modifier ni le redistribuer.
Troisième faux : pas de LICENSE du tout. J’ai regardé un MCP Spotify plutôt populaire : le dépôt n’a tout simplement aucun fichier de licence — or, juridiquement, pas de licence égale « tous droits réservés », donc à la lettre même l’utiliser en règle est incertain.
Ces trois cas, en regardant juste le nombre de stars ou le premier écran du README, on ne les distingue pas. Il faut entrer dans chacun, ouvrir la LICENSE, voir s’il appelle une API externe, s’il réclame un compte. C’est exactement ça qui m’a agacé, alors je me suis assis et je les ai passés en revue un par un.
Après le tri : parmi les vrais gratuits et open source, il y en a toute une série qui tient sacrément la route
La bonne nouvelle, c’est qu’au bout du compte, la série des vrais MIT/Apache, qui s’installent et marchent, la plupart sans compte, est de très bonne qualité. Quelques-uns que j’ai installés directement après les avoir vérifiés :
- Les serveurs de référence officiels (
modelcontextprotocol/servers, tous MIT) : filesystem, git, fetch, memory, sequential-thinking, time — tournent en pur local, sans connexion, sans compte, le kit de base en six pièces pour Claude. - gstack (fait par Garry Tan, MIT, plus de cent mille stars sur GitHub) : 23 commandes slash qui organisent Claude Code en une « équipe logicielle virtuelle » — planification, design, revue, QA, publication, tout s’enchaîne.
- ruflo (ruvnet, MIT, plus de quarante mille stars) : une seule commande
npx ruflo initinstalle sur Claude Code un essaim multi-agents — 314 outils MCP, une mémoire auto-apprenante, une collaboration entre machines. - Playwright MCP (Microsoft, Apache), Chrome DevTools MCP (Google, Apache), Context7 (MIT, qui alimente l’IA en documentation de bibliothèques exacte et à jour) — ceux des grands éditeurs et des communautés de tête, tous vraiment open source.
- Côté skills, il y a aussi superpowers, wshobson/agents (plus de trente mille stars), GSD — tous des collections de skills open source sous MIT.
Une précision au passage : les quelques logiciels gratuits que j’ai refaits moi-même suivent la même logique — Unterm, ce terminal, expose 65 méthodes en MCP pour que l’IA le pilote directement, et SoloMD embarque un serveur MCP de 1,5 Mo qui laisse Claude lire votre bibliothèque de notes en local — tout en MIT, tout sans compte.
Je les ai réunis dans un annuaire : To Be Free
Les passer en revue un par un, c’est épuisant, et une fois fait, les garder sur mon disque dur ne sert à rien. Alors je les ai mis en vitrine, sous forme d’un site — To Be Free : un annuaire d’outils gratuits, bilingue chinois-anglais, purement statique, sans aucun tracking.
Le critère de sélection est dur, trois conditions toutes obligatoires : vraiment gratuit (les fonctions de base gratuites à vie, pas un essai limité dans le temps), totalement sans publicité, sans contrainte (il ne vous force pas à vous inscrire, il ne piste pas vos données). L’open source est un bonus, pas une exigence — c’est pourquoi des logiciels comme Everything ou Obsidian, propriétaires mais vraiment propres, y figurent aussi ; mais open source ou non, compte requis ou non, utilisable hors ligne ou non, tout est indiqué noir sur blanc par des badges sur chaque carte, et vous jugez par vous-même.
Au-delà des logiciels, j’ai fait exprès une rubrique Skills & MCP où j’ai rangé tous ces MCP et skills gratuits déjà vérifiés, chacun avec sa licence, les clients compatibles, et la commande d’installation à copier en un clic. Tous les pièges évoqués plus haut — ceux qui réclament une clé, ceux en FSL, ceux sans licence — ont été filtrés pour vous au moment de la sélection.
C’est en fait l’étape suivante de mon projet « refaire 100 logiciels gratuits » : les refaire moi-même ne suffit pas — les bonnes choses vraiment gratuites et vraiment propres méritaient depuis longtemps un endroit où être réunies, plutôt que dispersées dans des centaines de dépôts à attendre que vous ouvriez la LICENSE vous-même.
Pour aller plus loin
- To Be Free (logiciels gratuits + annuaire MCP/skills) : tobefree.pages.dev
- Sur ce site : Pourquoi je refais 100 logiciels gratuits
- Sur ce site : J’ai encore fait un terminal, Unterm : par défaut, l’utilisateur n’est pas un humain
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